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Le bas-côté nord après restauration. Toutes les tonalités choisies par Henri Marret retrouvent leur harmonie d'origine !
Comment sont organisés les restaurateurs ?
« L’équipe de restauration comprend une quinzaine de spécialistes organisés en binôme. L’organisation du chantier en compagnonnage privilégie les conseils croisés, la concertation la collégialité et le partage des tâches. Aux côtés de restaurateurs expérimentés, les jeunes diplômées de l’Institut National du Patrimoine s’initient à toutes les tâches par roulement, sans spécialisation de zone et toujours sous la houlette d’un référent. L’idée est d’être mis en situation après avoir regardé le geste d’un ainé, sans être jamais seul et que l’apprentissage profite à tout le monde sans monotonie.
Une journée type (même s’il n’existe jamais de routine) s’organise autour des moments suivants :
- prise des équipements EPI (casque chaussures de sécurité, combinaison tyvek…) ;
- définition des zones de travail pour chaque binôme, et préparation du matériel ;
- sur zone confirmation du constat d’état préalablement établi ;
- intervention ;
- nettoyage et rangement du chantier ;
- débriefing pour parler des éventuelles difficultés et préparer le travail du lendemain.
Les prochains travaux sur la nef et le chœur devraient suivre le même protocole à ceci près, que les interventions sur la composition de la Glorification de Saint Louis s’opéreront sur des peintures murales industrielles (stic B) et non sur des fresques.
Nous ne manquerons pas de faire connaître les détails de cette restauration.»
Glossaire de termes techniques utilisés en peinture murale
Arricio : mortier grossier composé de sable et de chaux.
Badigeon à la chaux ou lait de chaux : enduit composé de chaux souvent coloré avec des pigments. Le badigeon à la chaux assainit les murs et est d’une grande qualité esthétique.
Bouchage : c’est le comblement des manques de mortier et des lacunes de couche picturale.
Carbonatation : L'hydroxyde de calcium (l’enduit de chaux) réagit en présence d'anhydride carbonique (présent dans l’air) pour reformer du carbonate de calcium:Ca(OH)2 + CO2 = CaCO3 + H2O.
Chaux aérienne : c’est un enduit souple qui durcit lentement au contact de l’air par carbonatation.
La chaux aérienne est la chaux utilisée pour réaliser la fresque contrairement à la chaux hydraulique qui est un enduit moins plastique avec une prise plus rapide.
Coulis : mélange de chaux et d’eau injecté à la seringue pour consolider le support.
Deplacage : décollement d’enduit.
Efflorescence : remontées salines à la surface de la peinture sous forme de petits cristaux.
Giornata : littéralement « journée » qui correspond à la préparation et à la mise en place de l’enduit frais pour une journée.
Infiltration : passage d’eau souvent lent au travers de la maçonnerie.
Intonaco : enduit composé de chaux grasse servant de support direct à la couche picturale.
Lacune : manque de couche picturale.
Poncif : c’est un procédé où le motif que l'on veut reproduire est dessiné sur un carton ou sur un calque. Les contours du dessin sont percés avec une aiguille ou une roulette à pic, puis le calque est appliqué sur l’enduit frais et le motif est tamponné avec un petit sac de mousseline contenant du charbon de bois laissant ainsi les contours du dessin sur l'enduit sous forme de pointillés prêt à être repris en couleur.
Cette technique est couramment utilisée en peinture murale.
Repentir : changement de composition ou de positionnement réalisé par l'artiste.
Réintégration : l'ensemble des opérations nécessaires à reconstituer un manque de couche picturale. |